mardi 18 décembre 2012

Gérard Depardieu et l'Oiseau


                                                                                                           Quand je regarde cet oiseau errant sur le parking, 
je pense à Gérard Depardieu qui veut quitter la France.

jeudi 6 décembre 2012

LA NEIGE UN 7 DECEMBRE

 J'ai assisté à la brève métamorphose d'un coquillage posé sur ma commode, quand la lumière apparut comme une vague d'hiver.

                                                                    Dehors, le froid danse. 
                                                                    Et puis la neige ...

lundi 3 décembre 2012

Un autre regard sur la télé

Il y a plusieurs façons de porter son regard sur les choses.
J'aime tant le dessin qui ne dit pas tout.
A côté de cette société d'information, d'autres langages doivent exister.






Voici le regard de l'illustrateur nantais Nicolas Désiré Frisque sur l'enregistrement de ma première chronique pour France3 Pays de la Loire dédiée aux livres après la saison des prix littéraires.








Bertrand Cuiller au clavecin sera mon invité pour la prochaine chronique le 25 janvier 2013.
Nous serons alors à la veille de la folle journée de Nantes.





dimanche 2 décembre 2012

NANTES nous voilà !

Nantes, nous voilà pour une chronique 100% culture, accueillie dans l'émission "C soir avec vous" sur France3 Pays de la Loire...
video
                                                         Diffusé le 23 novembre 2012


mardi 13 novembre 2012

ROGER WALLET - Beaugency en résidence d'écriture



Roger Wallet a l'oeil qui vagabonde en toute discrétion. Partout il prend des notes au crayon à papier dans des carnets même quand il n'en a plus. Et je me demande combien il a pu en accumuler sur la crête de toutes ces années. Comment arrive- t'il à se déplacer avec ces pyramides de papiers et de signes?
Cet écrivain-là vit à pleins poumons et à pleins regards, le droit au contact de l'autre, le gauche dans les recoins et les lointains de la terre.
En plus il rigole. Un homme dévoué à la littérature, aux autres, et drôle. J'en connais pas beaucoup des comme lui.
Drôle et ses mots me font parfois pleurer,
"Je secoue la tête. Entre nous, les aveux ont toujours été longs, les silences prenaient toute la place."

"Elle (la petite) quitte le banc de terre où d'abord elle s'est assise, dans la cour. L'olivier sauvage est silencieux. Sa mère venait y prier, le vieil arbre veillait sur la maison. La nuit dernière,on y a allumé de petites bougies. La fillette ne s'y arrête pas. Elle marche bravement sur le chemin de poussière rouge au long duquel s'égrènent les maisons.Plus tard elle apprendra à les compter et saura qu'elles sont quatorze, "quinze avec celle de maman" mais celle-là reste invisible."

ses mots sont de la poésie,

"UN JOUR ET C'EST BIENTOT il n'y aura plus entre nous que l'épaisseur d'un regard...Un jour et c'est demain, nous nous coucherons sous ces milliers de mots que nous avons tressés et nous nous endormirons dans les rêves l'un de l'autre."

" Je caresse le poil raide. Lui et moi nous nous comprenons. Je l'embrasse sur le museau. Il ne ferme même pas les yeux, il regarde devant lui la nuit qui a pris le jardin."

ses mots claquent,
"L'exil, ce n'est pas un mot, c'est un bruit : le bruit de ce qui se déchire. Quitter son village des Côtes du Nord, c'était se déchirer l'âme."
                                                         Ces extraits sont tirés du recueil de nouvelles
"Aurai-je jamais rien fait d'autre que passer" publié aux Editions du petit véhicule. (février 2012)

Je dois reconnaître qu'avant même de l'avoir lu, deux traits chez Roger Wallet m'ont plu : son amour des marionnettes et sa casquette...

Deux fois par mois Roger Wallet publie une revue littéraire "Les années" et une fois par mois "Le quotidien". A demander à cielsenpicardie@orange.fr

mercredi 31 octobre 2012

Marseille - La tempête

                                        Attaquée par les vents hurlants Marseille résiste...

mardi 30 octobre 2012

Hervé Claude - Australie/France

J'ai connu Hervé Claude au temps du journalisme puis au temps de l'écriture.
L'homme a gardé la fraîcheur de l'enthousiasme au contact du monde, toujours.
La curiosité est dans sa voix, son regard et toute la mobilité de son âme.
Lorsqu'il présentait le 20H sur Antenne 2 on pouvait déjà reconnaître l'écrivain derrière le journaliste.
Aujourd'hui cette qualité d'écriture existe t'elle encore à la télévision ?



Je viens de lire son dernier polar "Les mâchoires du serpent" (Actes Sud, nov 2012) comme on engloutirait une forêt noire. L'Australie comme dans ses précédents livres reste le décor et imprègne le roman. Mais pour la première fois Hervé Claude aborde la question aborigène. Passionnant. Cela n'engage que moi, mais ce récit est peut-être le plus abouti. Courez chez votre libraire préféré et laissez vous emporter jusqu'à la "porte de l'enfer, autrefois la seule porte d'entrée pour les navires en quête d'un havre plus tranquille sur la côte ouest de Tasmanie".

Extrait " Ashe dans les nuages et une terre ocre à l'infini sous les ailes de l'avion. Et puis soudain des rochers un peu plus rouges pour rompre la monotonie du tapis qui déroulait son immensité sous eux. Comme une ponctuation. Ils volaient à mille mètres d'altitude et ils distinguaient parfaitement le sol. Sauf qu'il n'y avait rien, rien de rien, à part le sable ocre et des rochers de temps en temps.
Mieux qu'en roulant sur des pistes interminables et monotones, c'est en survolant le pays qu'on mesure sa dimension vide et absurde... "





mardi 23 octobre 2012

"Amour" Michael Haneke


C'est une si belle histoire d'amour...
"Mais je ne peux pas aller le voir !" me répète-t-on.
"Amour" de Michael Haneke est un chef d'oeuvre d'humanité, un chef d'oeuvre du cinéma servi par deux grands comédiens, que je suis enchantée de recevoir dans le 19/20 ce dimanche 21 octobre sur France3.
Quelle émotion pour la journaliste que je suis d' accueillir réunis Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant. Mais ces 4 minutes d'interview furent trop courtes, tant il est vrai que j'aurais voulu un autre lieu pour les rencontrer. Pour rester indéfiniment sous le charme de leurs mots et de leurs silences.                                                  
Jean -Louis Trintignant va revenir très vite au théâtre pour dire et faire chanter les poètes libertaires, Robert Desnos, Boris Vian et Jacques Prévert. Il y a des rendez-vous auquel il faut être à l'heure...

jeudi 27 septembre 2012

Dessiner - faire ses gammes

"Qu'est-ce que dessiner? Comment y arrive t-on? C'est l'action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible, qui semble se trouver entre ce que l'on sent et ce que l'on peut. Comment doit-on traverser ce mur, car il ne sert de rien d'y frapper fort, on doit miner ce mur et le traverser à la lime, lentement et avec patience à mon sens. "                                                             VAN GOGH

L'automne... Je reprends mes gammes comme je dis et des corps surgissent de la mémoire. Le trait dialogue avec le papier. Il faut chercher de nouveaux sujets...

dimanche 16 septembre 2012

Journées du patrimoine - 2012
















Le jour J, la longue file d'attente semble justifier notre travail. La patience, la curiosité, l'attention des téléspectateurs-visiteurs nous met du baume au cœur.... Grand merci.

vendredi 14 septembre 2012

samedi 8 septembre 2012

Nantes Nicolas Désiré Frisque - Illustrateur

 Nicolas Désiré Frisque a 26 ans avec le temps devant lui.
Avant même de le rencontrer, j'ai fait la connaissance de son poisson, de passage au dessus d'une ville imaginaire... Aucun bruit à son passage, mais une vraie présence.
 Nicolas Désiré Frisque est un jeune homme au silence heureux, peut-être parce qu'il est né un jour de neige en Vendée aux portes des marais.
2012. C'est la crise. Une vraie gifle. Et lui continue à rêver des tableaux...

A l'incontournable question sur les références, il me répond " J'aime tellement les peintres...Il y a les dessins de Lautrec, la lumière de Rembrandt, la matière brutale chez Lucian Freud, les gravures de Dürer, l'humour de Magritte, les motifs de Klimt, la couleur d'Odilon Redon, la fièvre de Franz Halz, l'urgence de Delacroix, de Sorolla..." Je me dis qu'il est important de savoir attendre l'éclosion d'un artiste qui sait si bien illustrer les mots des autres.
Ah j'oubliais, Nicolas joue de la guitare et chante du Bobby Lapointe, du Boris Vian et du Léo Ferré...
Le temps s'étire.


                                                                    Illustrations De Nicolas Désiré Frisque 
                                                                   dans "Le chagrin et l'oiseau perdu"                                                                                                          aux éditions du petit véhicule.

mardi 28 août 2012

Île d'Yeu - Claude Bugeon - écrivain poète peintre botaniste

L'Île d'Yeu.
Claude Bugeon arrive à notre rendez-vous à vélo. Il ne pouvait pas en être autrement pour cet homme qui écrit :" Entre deux pointes je danse ma vie."
Très vite, je l'écoute intensément. Ses idées surgissent au grand galop. Elles sont brillantes. Je devine aussi qu'elles peuvent déranger. Il y a parfois une colère qui pointe, mais Claude Bugeon possède la souplesse du végétal.
Après l'avoir écouté, j'ai découvert sa peinture et suis repartie avec l'un de ses tableaux qu'on dirait sorti de la tempête avec un cargo penché à l'horizon. (1987)
Puis j'ai lu son Journal insulaire et le voyage s'est poursuivi de longs jours. Il me semble avoir à ses côtés " marcher encore et encore sans savoir où aller", saisir " ce monde léger comme une soie qu'on chiffonne", découvrir "ce chemin inondé jusqu'à la roche sculptée" et enfin "emprunter la lande étroite qui va vers le village côtier". Claude Bugeon a fait de l'île d'Yeu son sujet d'étude. Avec Marie pendant 20 ans il a réalisé les inventaires de la flore, de la préhistoire, des contes et légendes, du parler, des textes anciens. Mémoire incontournable.
Cet écrivain poète peintre botaniste, j'ajoute philosophe, est à rencontrer. Mais mieux vaut ensuite s'effacer pour fertiliser ses mots et ses images, avant de le rencontrer à nouveau.


Extrait de "Perpetuus Liber" journal insulaire - Bois de Lune 1982 - 2005
Editions les Sèvenelles

Jour lent... Tout semble avoir été dit, découvert. Ennui profond instillé par l'indifférence du monde. S'occuper, tenir, dérocter l'instant qui cache une révélation. Laisser aller, subrepticement capter mouvements et sons fugitifs, sans juger, sans filtrer, aujourd'hui il faut tout prendre. Il n'existe pas d'activité aussi gratuite qui gomme avec autant de perfection l'ennuyeuse et destructrice impression d'être délaissé, ou cette idée saugrenue que l'être humain doit "gagner" cette vie...
Vivre de peu s'il le faut, et vivre de tout quand il le faut. Gueuler dans le vent S'immobiliser au soleil, sous la pluie, cesser le tri épuisant de l'utile et de l'inutile, du plaisant et du déplaisant. Se détacher. Et même, exceptionnellement, cesser tout acte de création.
Alors, in extremis, une île perce progressivement les eaux !

Extrait
Un lézard dérape et se rattrape aux racines que côtoie mon épaule. Il s'arrête, me regarde, tous deux coeurs palpitants, peut-être coeurs confondus.  
  
Dernier extrait
Cependant l'île ne se livre plus que hors saison, en automne et en hiver, quand ses nuages défilent et que souffle la tempête, et quand tourne parfois l'ouragan issu des puissances cachées, oeil du déluge. Au début du printemps, en son presque abandon, l'île rouvre soudain son unique paupière, animal fabuleux, elle fait le gros dos, jette les panaches mordorés des derniers mois solitaires, se recoiffe, puis reprend de riantes et jeunes couleurs. Alors rien d'elle ne peut être pris comme objet superficiel, de septembre à juin elle me donne à penser sur ce qu'elle est, puis, en juillet et août, sur ce qu'elle n'est pas. Je me sens toujours tiré vers le haut, et pour cela je la respecte.                                                                               

La Rentrée France Télévisions 2012

Souriez !

                                                                        On vous écoute


samedi 25 août 2012

Marseille - Richard Martin - directeur du théâtre Toursky

                                      L'été on ne va pas seulement à la rencontre des paysages
                                                       Quartiers nord de Marseille.
Depuis 40 ans Richard Martin porte à bout de bras et à bout de voix le théâtre Toursky. Il monte sur scène et lance heureux " Dans cette salle je peux embrasser le public". Tout en lui respire la tendresse, la générosité et la force. Voyez ses mains...
Une fois dehors, sous le poids de la chaleur, je le regarde marcher contre le vent à travers les rues étroites en direction de la Belle de mai.
L'homme va à la mine lorsqu'il pense ses projets. Richard Martin prépare déjà les 20 ans de la disparition de Léo Ferré, dont il fut l'un des rares et grands compagnon de route. Ce sera en 2013.
Nous nous retrouverons le 14 juillet prochain pour une nuit exceptionnelle  dans son théâtre-maison du monde
avec notamment Pierre Arditi, Michel Bousquet, Michaël Lonsdale, Rufus, Marie-claude Pietragalla etc...

                                                          Richard Martin - Autoportrait

                      "Ô Marseille on dirait que le coeur te va bien" chante encore Léo Ferré

vendredi 24 août 2012

Nantes - Jean-Luc Nativelle - écrivain

                                      L'été on ne va pas seulement à la rencontre des paysages
Jean-Luc Nativelle ne veut plus que l'on dise qu'il est professeur de philo dans la vie.
 Alors, oubliez vite ce que vous venez de lire.
 Jean-Luc Nativelle, 49 ans écrit.
Refusé par les grands éditeurs, son roman "Le promeneur de la presqu'île" a été publié en juillet par les éditions du petit véhicule. Deux librairies qui comptent à Nantes "Coiffard" et "Vent d'Ouest" en ont fait leur coup de coeur. On est entièrement d'accord.

L'été, lorsque j'aime un livre, j'aime lire lentement. Pour celui-ci j'ai pris tout mon temps. On ne soupçonne pas où l'auteur va nous emmener. La promenade s'est avérée tricheuse et cruelle.
 Jean-Luc Nativelle est sûrement un faux calme. L'âme humaine est si vaste.

          Extrait du roman "Le promeneur de la presqu'île" éditions du petit véhicule.
"Il n’y a pas de raison. Puisque tous les soirs je m’assois sur ce banc histoire de regarder une dernière fois la mer avant d’aller me mettre au lit, il n’y a pas de raison bien que ce soir je fasse les choses dans le désordre pour ne pas m’y arrêter un moment comme on continue de respecter un rituel même longtemps après qu’il a perdu tout son sens. À droite là-bas au plein milieu du che­nal se dressent Les Perdrix, drôle de sceptre habillé de carrés noirs et blancs à la façon d’un damier et dont on dirait qu’on l’a planté là plutôt pour monter la garde et prévenir de l’arrivée d’intrus que pour guider les marins en pleine obscurité. Au loin sur la ligne d’horizon de l’océan les contours de l’archipel des Glenan, sorte de caillou noir opaque qui tranche avec le reflet brillant que la lune même à travers les nuages parvient à poser sur l’eau. Un peu plus à l’est sur la côte, à partir d’un autre phare lui-même invi­sible une sorte de pinceau de lumière balaie la mer, patiemment, d’un mouvement ample et circulaire comme celui d’un lanceur de marteau qui ne lâcherait jamais son engin. Et puis sur la gauche encore ces deux longs rubans de plage et de dune avec cette ligne d’arbres au-dessus qui vont se perdre au loin dans l’ombre, qui se fondent en elle comme s’il n’y avait nulle part ailleurs où aller."

jeudi 23 août 2012

Ile d'Yeu - Marie Bugeon - poète





figures été 2012


L'été on ne va pas seulement à la rencontre des paysages.


Je découvre pour la première fois l'Ile d'Yeu. Août. Il y a forcément beaucoup de vacanciers. On les reconnait au premier coup d'oeil. Au milieu de la meute estivale apparaît Marie Bugeon poètesse. Cette femme toute menue vit ici à l'année avec son mari Claude depuis trente ans. Elle écrit des haïkus qui ensorcellent.

Frise sombre
étendue plate et vent salé
rivage marin

Du haut de la falaise
partout l'océan
la courbe de la terre

Scrutant les étoiles
dans la nuit profonde
temps aboli